La Bataille de Montmirail

Avant les 4 victoires

Novembre 1812 : retraite de Russie

16,17 et 18 octobre 1813 : Fin de la Campagne d’Allemagne LEIPZIG, retraite derrière le Rhin

Les dépôts d’infanteries sont vidés, les conscrits « Marie-Louise » doivent remplacer leurs camarades pour porter en 4 mois l’Armée du Rhin à 140000 hommes.

Le 17 décembre, sénatus-consulte ordonne la levée de 175000 hommes de la garde nationale, réservistes pour la protection des places fortes et des villes.

Le 30 décembre et le 6 janvier : nouvelle levée de 140000 hommes de la garde nationale
900 000 hommes sont donc appelés sous les drapeaux.
1 /4 des requis furent levés, environ 240 000 hommes du fait de la précipitation des évènements, du manque d’armes et de la résistance de la population. En fait 1/8, soit 120 000 hommes combattront les armées alliées.
Le manque de fusils et de matériel : 700 000 fusils ont été perdus par la Grande Armée en Russie. Le 153ème régiment de Ligne comprenait 1088 hommes pour 140 fusils.
Le Prince Eugène de Beauharnais défend en Italie les plaines vénitiennes contre les Autrichiens.
En Espagne ouest, Soult retraite devant l’Armée d’Espagne commandée par Wellington.
Napoléon laisse 150 000 combattants dans des places fortes échelonnées de la Vistule au Rhin avec bon nombre de fusils et de munitions. Dantzig, Glogau, Custrin, Dresde, Stettin, Torgau, Erfurt, Hambourg, Magdebourg.
Il règne une inquiétude générale, le moral est au plus bas, la situation des finances publiques est mauvaise, les soldes ne sont pas payées, de nouveaux impôts sont levés….
La bourgeoisie affiche une attitude frondeuse, orchestrée par Talleyrand, le diable boiteux. Il existe également des intrigues dans les milieux royalistes.

La Campagne de France

Trois armées ennemies franchissent le Rhin au début de 1814, marchant sur Paris.

  • L’Armée de Bohème du Feld-maréchal Prince de Schwarzenberg, forte de 160 000 hommes par Bâle et Langres, se dirige vers la vallée de la Seine
  • L’Armée de Silésie du Feld-maréchal Blücher, forte de 60 000 hommes par Mayence et Nancy, se dirige vers la vallée de l’Aube.
  • L’Armée du Nord de Bernadotte, forte de 150 000 hommes dont seulement 48 000 rentreront en France, se dirige vers la vallée de l’Oise.

Il faut également compter sur l’Armée d’Espagne qui comptent 160 000 anglais, espagnols, portugais et catalans  Elle repousse Soult à l’ouest et Suchet à l’Est.
En Italie, Bellegarde dirige une armée de 74 000 hommes qui s’affronte aux napolitains de Murat.

Incertain des forces de l’Empereur, les alliés hésitent.

Napoléon n’avait que 70 000 hommes à opposer à ses 3 armées, dont 10 000 cavaliers et 6000 hommes de troupes diverses comme les Polonais qui vont se rassemblés vers Sedan.
50 000 trainards, épuisés, malades, découragés errent entre l’Allemagne et Paris.
Le reste des troupes est disséminé dans tout l’Empire entre l’Espagne, l’Italie, la hollande et les places fortes ou dépôts.

L’Armée du Nord s’attarde au siège de places fortes en Belgique, l’Empereur n’a d’abord affaire qu’à Blücher et Schwarzenberg. Il va opposer à l’un Mac Donald, Mortier et Marmont sur la Marne, à l’autre Victor et Oudinot sur la Seine ; quant à lui, longeant les crêtes du bassin parisien, il se portera avec la Garde et Ney d’une vallée à l’autre.
Début de la Campagne de France

25 janvier au 3 février 1814 : Parcours rapide de l’Empereur de Paris à Châlons sur Marne
A chaque relais accueil favorable de Napoléon, par les femmes, les enfants et les gardes nationaux.
A Château-Thierry, où il déjeune, à Dormans, à Epernay, la population crie « Vive l’Empereur »

La levée en masse des gardes nationales procure des ressources importantes, mais avec un manque évident de formation.

Le plan de Napoléon contre Blücher et Schwarzenberg réussit dans un premier temps puisqu’il les bat à Saint-Dizier et Brienne les 27-29 janvier.
Il est vaincu, il est vrai à la Rothière le 1er février par les Autrichiens et les Prussiens réunis, mais à 32 000 contre 100 000, il se replie sur Troyes et laisse ses adversaires se séparer.

Blücher reprend la vallée de la Marne. Son Armée est divisée en 4 corps échelonnés de Châlons à la Ferté-sous-Jouarre.

  • York en avant vers Château-Thierry
  • Sacken près de Montmirail
  • Olsouwief à Champaubert
  • Blücher à Etoges

Schwarzenberg suit la Seine, Bernadotte renforce Blücher par le nord.

Dimanche 6 février1814 : L’Empereur est à Troyes.
Mac Donald revenu de Namur par Châlons est à Epernay, il retraite devant York sur Château-Thierry.
Marmont doit se rendre à Sézanne.

Lundi 7 février : 2 000 russes entrent dans Montmirail. Sacken s’installe au château.

Mardi 8 février : De Nogent, Marmont prend une soufflante parce qu’il n’est pas encore à Sézanne.

Mercredi 9 février : Nogent 3 heures du matin ; Organisation des armées sous les ordres de l’Empereur.
2 divisions de vieille Garde (8 000 hommes) sous les ordres de Mortier.
2 divisions de jeune Garde (6 000 hommes) sous les ordres de Ney plus la cavalerie de la Garde ; environ 6 000 cavaliers
Le corps de Marmont est allié au 6ème corps d’infanterie (Ricard, Lagrange, Decoux)=6000 hommes
Le 1er corps de cavalerie de Doumerc et Picquet =2000 cavaliers
Le corps de cavalerie de Defrance de 2000 hommes également
Soit 20 000 fantassins, 10  000 cavaliers et 120 canons.

York, Blücher et Sacken ont 40 à 45 000 hommes donc nous nous retrouvons à 3 contre 4, sur une zone allant de Sézanne à Montmirail et Château-Thierry.

Sur la Seine, le corps de Victor au centre compte 14 000 hommes entre Nogent et Pont-sur-Seine et Oudinot à droite 25 000 hommes, donc 39 000h contre 200 000.

Mac Donald arrive à Château-Thierry avec 7 000 hommes suivi par York qui est à Dormans. Blücher espère arriver à Meaux avant Mac Donald en passant par Fère-Champenoise et Montmirail.
Blücher arrive à Etoges, son avant-garde (2 000 h) est déjà à la Ferté-sous-Jouarre.
Olsouwief est à Champaubert avec 6 000 hommes.

Jeudi 10 février : la bataille de Champaubert
Marmont qui commande l’avant-garde franchit le petit Morin vers Talus Saint Prix.
La cavalerie de Doumerc et l’infanterie de Ney passent par la gauche et prennent position entre Baye et Bannay.
Le reste de l’infanterie passe par la droite.
Les généraux russes décident de retraiter rapidement sur Etoges pour avoir le soutien des troupes prussiennes.

A 15 heures ; les Russes, pressés par Ney et Lagrange, abandonnent Bannay.Baye est conquis par la division Ricard.
L’ennemi tente de résister dans les bois d’Andecy et de la Potence.
La cavalerie de Doumerc  déborde vers Fromentières, à droite de l’ennemi et arrive aux Déserts.
Olsouwief dégage son artillerie sur Etoges.

Les cuirassiers de Bordessoulle entre dans Champaubert et défont les carrés avec l’aide de l’infanterie de Ricard.

Sur les 5 000 soldats engagé par l’ennemi, seulement 1500 commandés par Udom et Kornilov ont pu se sauver.
Olsouwief est fait prisonnier par un jeune conscrit de 6 mois du 16ème chasseur.

Marmont doit rester sur Etoges pour repousser Blücher, le reste de l’armée part vers Montmirail.

3 000 prisonniers, 15 canons de pris.
Napoléon écrit à 22 heures  « …12 régiments russes détruits…6000 prisonniers…40 canons pris…200 voitures…200 hommes à regretter… »
La victoire ramène la confiance à Paris.

Schwarzenberg décide de foncer sur Nogent pour dégager Blücher.
Marmont reçoit l’ordre  « de jeter les canons pris dans un étang.. Pour les récupérer plus tard ».Héroïsme des « Marie-Louise » du 113ème  régiment d’infanterie « Je me servirai bien de mon fusil si je savais m’en servir. »
Napoléon dine dans « la maison bleue ».
Il a donc coupé en deux l’Armée de Silésie

Vendredi 11 février : la bataille de Montmirail

Une troupe de cosaque est sur les hauteurs de Montcoupot.
Nansouty chasse les cosaques de Karpov de Montmirail dans la nuit du 10 au 11 février. Il fait établir des postes avancés à Pomesson, Marchais, l’Epine-aux-Bois et à la ferme du Buisson. La brigade Ricard est placée au Tremblay.

Sacken qui est entre la Ferté et Viels-Maisons revient sur Montmirail.

York vient du nord et arrive à Viffort. Il demande à Sacken de retraiter sur Château-Thierry et lui propose son aide. Sacken s’obstine, pensant n’avoir affaire qu’aux restes des troupes françaises de la bataille de  Champaubert. De plus le général russe ne supporte pas le général prussien York.

Napoléon arrive à Montmirail à 10 heures. Ses 24 000 soldats prennent position entre York qui arrive de Château-Thierry et Sacken qui arrive de Viels-Maisons.

Le 6ème corps d’infanterie russe du lieutenant général prince Scherbatov se porte sur Marchais. Sa droite est à hauteur de la ferme de la Bruyère, sa gauche comprend la cavalerie qui est un peu en avant et son centre est couvert par 40 canons.
Les avants postes français sont repoussés jusqu’à Marchais où s’engage un combat très long.

Ricard charge sur Marchais à 5 reprises. La 1ère division de la vieille Grade du général Friant qui arrive de Sézanne vient renforcer Ricard par un puis deux  bataillons pour arriver  enfin à prendre la ferme de la cour d’airain puis Marchais.

Voyant que Sacken veut forcer le passage par la vallée du petit Morin, Napoléon envoie le reste de la division de la vieille Garde sur la ferme des Tourneux. Objectif l’Epine.

Vers midi, il fait avancer le corps de Nansouty sur la route de Château-Thierry.

A l’arrivée de Mortier, vers 14-15 heures, il fait exécuter un grand mouvement sur l’Epine aux Bois.
Au nord, la cavalerie avec les chasseurs de Colbert et les Dragons de Laferrière.
La division Friant en colonne le long de la route. Objectif : les Meulières puis l’Epine.
Les Russes arrivent au Tremblay mais vont être repoussés un peu plus tard par Ricard.

La cavalerie ennemie essaie de rejoindre Fontenelle.

Les Prussiens attaquent sur la ferme des Grenaux, mais Friant continue sur la Meulière.

La cavalerie française en réserve fonce sur les troupes stationnées sur Viffort.

A la vue de la colonne qui attaque l’Epine et les renforts des généraux Guyot et Defrance qui suivent, les Russes sont saisis de terreur, les lignes se coupent.

Les Russes sont pris entre 2 feux, l’attaque frontale de Friant et celle par la route de Ricard. Ils fuient et sont poursuivis dans les champs et les bois de Courmont. La division Michel repousse York jusqu’au-delà de Fontenelle.

La déroute de Sacken risque d’être complète. Il s’enfuit vers le nord de Viffort.

York renvoie ses batteries à Château-Thierry pour retenir Mac Donald et sauvegarder le pont qui va leur permettre de traverser la Marne.

York reproche son imprudence à Sacken, et Sacken la lenteur de York.

Blücher leur ordonne de regagner Reims ; point de ralliement de l’armée de Silésie.

Bilans :
Les Russes avouent : 9 canons, 1 000 prisonniers et 1 500 tués ou blessés.
Les Prussiens reconnaîtront : 1 200 hommes hors de combat, 4 000 tués, 800 prisonniers et 13 canons.
Les Français : 2000tués ou blessés.
Courrier de l’Empereur de la ferme de l’Epine : « l’armée de Silésie n’existe plus…nous avons pris tous les canons 40… 7000 prisonniers….5 à 6000 tués hors de combat… Sacken a été tué .. . 10 divisons russes formant 60 régiments… je ne crois pas avoir perdu plus de 1000 hommes… »
Napoléon couche aux Grénaux.

Samedi 12 février : la bataille de Château-Thierry

Dans la nuit du 11 au 12, les 12 000 Russes de Sacken et les 18 000 Prussiens de York se replient sur Château-Thierry.

Napoléon laisse la 1ère division de la vieille Garde sous le commandement de Ricard et une division de la jeune Grade sous Curial, près de Montmirail.
Il marche sur Château-Thierry par Viels-Maisons avec la division Friant et la division Colbert pour s’assurer du départ des Russes par un chemin de traverse ; Montfaucon.

Les divisions de Mortier et de Laferrière ainsi que les gardes d’honneur passent par Fontenelle, par la route pour l’infanterie et par les champs pour la cavalerie.

Friant reste à Viels-Maisons, sauf les grenadiers qui attendent la cavalerie de Saint-Germain.

Mortier rencontre l’arrière-garde prussienne qui se replie sans combattre en arrière du Dolloir et prend position.

L’arrière garde russe est à droite des alliés.

Les tirailleurs de Mortier rencontrent l’infanterie ennemie aux Caquerêts, à Essisses.
L’Empereur n’étant pas encore arrivé, ils se contentent de tirailler.

Un front s’établit entre Chézy et Courboin.

Sacken demande à York de tenir sur le plateau.

Napoléon consulte les cartes et décide que la cavalerie de son aile droite doit absolument empêcher les alliés de retourner sur Epernay.

Le  général Ségur passe en trombe dans Viffort.

Les bataillons de la vieille Grade attaquent les Caquerêts. C’est du corps à corps.

Von Katzler s’apercevant de l’attaque de la cavalerie sur son flanc gauche, se replie.

L’Empereur prend un repas frugal à Montfaucon : une cuisse de poulet d’après Mme Mathieu.

Il est près de 13 heures.

York veut absolument retraiter, Sacken demande de protéger le repli de l’artillerie et des caissons. Von Horn et VonJurgass ont ordre de tenir le plateau le plus longtemps possible.

Sur le flanc droit, l’ennemi recule petit à petit.

L’arrière garde composée de 3 bataillons prussiens, de 4 bataillons russes et de 3 canons, se fait étriper par une offensive sur l’aile droite des cavaliers de la Garde du général Letort, mais surtout par une charge du 10ème régiment de hussards du colonel Curély, qui culbute les escadrons de Landwehr et les dragons de Prusse Occidentale.

Les alliés quittent définitivement le terrain.

La division Picquet arrive dans la vallée et tient la route d’Epernay.

A l’ouest (aile gauche), Colbert a gagné la plaine.

Au centre, petite résistance, le général Belliard à la tête des escadrons de service fonce sur l’ennemi (par ordre de l’Empereur), les tirailleurs suivent, c’est la fin.

Levée en masse des paysans, furieux contre les exactions des troupes ennemies, les isolés vont préférés se rendre aux soldats.

Le prince Guillaume de Prusse, 17 ans, futur Guillaume 1er, est chargé de garder le pont mais ses troupes sont plus occupées à piller, il fait donc incendier le pont.

En l’absence de Mac Donald, le gros de la troupe ennemie passe la Marne pour gagner la vallée de l’Aisne par Oulchy la ville. Le pont détruit, cela va limiter la déroute russo-prussienne.

La destruction trop hâtive du pont de Trilport a empêché Mac Donald d’apparaitre à temps.

Le maréchal Ney informe le colonel Curély qu’il est fait général à ce jour.

3 000 Alliés hors de combat, 2 000 prisonniers, 600 français hors de combat ;

L’Empereur dîne au château de Nesles et part dormir à la ferme de Lumeron.

Courrier de l’Empereur, des faubourgs de Château-Thierry : « On a fait aujourd’hui….8 à 10 000 prisonniers….toute l’artillerie est prise…tué énormément de monde 35 000 hommes… cette armée ne compte pas plus de 12 000 hommes.. »

Les Russes reconnaîtront avoir perdu 1500 hommes (2000 selon les prussiens) et 3 pièces d’artillerie.
Les Prussiens avoueront 1 300 hommes hors de combat.

Dimanche 13 février :
Courrier de la ferme de Luméron adressé à Berthier « . ..Ricard doit se joindre à Marmont, qui doit entrer à Vertus..S’il a, a marché sur Epernay…Châlons… »
Il écrit à Joseph : « Le pont de Château-Thierry n’est pas encore raccommodé »
7 Prussiens étaient cachés dans la ferme de Luméron : 6 furent trouvés de  suite. Le 7ème, 3 jours après le départ du QG.

Schwarzenberg inquiète l’Empereur.
Le 11, les villes de Sens et d’Auxerre sont prises par l’ennemi.
Nogent, défendu par le général De Bourmont résiste.

Schwarzenberg avance au lieu de secourir Blücher.

Napoléon fait diriger sur Montereau la 9ème division qui arrivait d’Espagne, et envoie le général Ornano avec un renfort de 10 000 hommes sur Fontainebleau.

Le pont de la Marne à Château-Thierry est réparé, Napoléon lance Mortier à la poursuite de l’ennemi en direction de Reims.

Blücher, resté à Vertus, avec Kleist, s’aperçoit qu’il n’a en face de lui qu’un faible corps d’armée, celui de Marmont. Il se décide à attaquer.

 

Marmont recule. Il ne dispose que de 2 500 fantassins et 1 800 cavaliers.

En face de lui, la cavalerie du colonel Von Haack, les corps de Kleist et de Kapsewitch et les débris d’Olsouwief sont 20 000.

Il se retire en bon ordre sur Champaubert puis Fromentières où il est rejoint par la division Ricard soit 3000 hommes.

Lundi 14 février : la bataille de Vauchamps

Napoléon prévenu à 3 heures du matin, envoie Ney et ordonne aux généraux Leval et Saint-Germain qui se trouvaient à Viels-Maisons de se rendre à Montmirail.

Les généraux Friant et Curial qui étaient à Montmirail rejoignent Marmont. Napoléon espère être à Montmirail à 7 heures.

Marmont retraite sur Janvilliers puis Vauchamps. Napoléon lui ordonne de tenir Vauchamps avec l’appui d’une partie de la Garde et de la cavalerie de Grouchy.

Effectifs alliés : –  la 11ème brigade du major général Von Zieten qui défend le village.

  • Les tirailleurs du 10ème RI de réserve sont dans le bois des Essarts.
  • Le 2ème bataillon du 10ème RI de réserve et le 1er Régiment de Silésie sont en bordure du village.
  • En réserve, derrière Vauchamps, 3 bataillons ; le 1er du 10ème RI et le 2ème du 1er RI et les tirailleurs de Silésie.
  • Sur le flanc droit en arrière, les hussards de Silésie et le 7ème régiment de Marche Electorale (cavalerie), les cuirassiers de Prusse Orientale et une batterie de 8 canons.
  • A gauche, 2 régiments de cavalerie, les cuirassiers de Brandebourg et le 8ème de milice de Silésie
  • Derrière l’avant-garde de Kapzevitch.
  • Au niveau de la ferme de la Boularderie, la 10ème brigade du major général Von Pirch, suivi de la 12ème brigade du PRINCE Auguste de Prusse.
  • 3 bataillons sont disposés dans Janvilliers : les fusiliers du 2ème régiment de Prusse Occidentale et les 2 bataillons du 11ème RI de réserve

Une batterie est disposée sur les hauteurs à droite.

Von Kleist enverra le 3ème bataillon du 7 ème régiment de réserve se posté dans les bois pour occuper la ferme de Sarrechamps.

Cela nous donne : le 2ème corps prussien de Kleist 13 500 hommes
Le 10ème corps russe de Kapzevitch 6 500 hommes
Le 9ème corps russe d’Olsouwief 1 500 hommes
2 000 cavaliers
Soit environ 23 500 hommes.

Effectifs du coté Français :

  • En première ligne, la réserve d’artillerie de Marmont 24 pièces.
  • A droite, la division Ricard
  • A gauche, la division Lagrange, suivie de la cavalerie de Doumerc.
  • A l’extrême gauche, vers Sarrechamps et le bois du Perchis, Grouchy à la tête de la cavalerie de Bourdesoulle et de Saint-Germain.
  • Arrive de Montmirail, Napoléon avec la Garde et une partie de l’artillerie, de la cavalerie de Lefebvre Desmouettes et Laferrière.

Dans la vallée du petit Morin, au niveau du Gault-Soigny, se trouve la 7ème division commandée par Leval, composée de 4500 vétérans d’Espagne. Elle tente de rejoindre Montmirail.
Cette unité n’a pas pris part à la bataille, mais a été décisive psychologiquement.

Soit pour Grouchy 3600 cavaliers
pour Marmont 3000 hommes
La cavalerie de la garde 3 300 hommes
La Garde 1500 hommes
Pour un total de 11 500 hommes auxquels on ajoute 10 500 hommes disponibles en cas de besoin.

Les forces sont à peu près équilibrées, par contre la cavalerie est 3 fois supérieure en nombre et 4, voir 6 fois en qualité.

Action
L’attaque commence à 10 heures par un violent tir d’artillerie sur les tirailleurs disposés dans le bois des Essarts.

Grouchy arrive à Sarrechamps. Zieten fait avancer le 1er régiment de Silésie, le 7ème de Marche Electoral et les cuirs de Prusse Orientale.

Après ½ heure de bombardement, la division Ricard suivie de Lagrange caché par la forêt de Beaumont attaque de front les tirailleurs prussiens et les repousse.

L’infanterie arrive à s’emparer de la moitié du village, puis retraite. Voyant cela Marmont envoie sa cavalerie : un escadron de cuirs et 20 hussards.

La charge dans la rue principale désorganise les troupes de Zieten.
Le bruit que les vétérans d’Espagne arrive et surtout la présence de l’Empereur finisse par avoir raison du moral des troupes ennemies.
C’est la débâcle.

L’intervention de la cavalerie de la Garde  renverse le 7ème de Marche Electoral, l’infanterie prussienne est obligée de se rendre ou de se faire sabrer.

Un bataillon se réfugie à Sarrechamps. Il est attaqué par 2 compagnies de chasseurs à pied de la Garde ; A suivre.

Lors de cette charge ; 3 000 hommes sont pris, 4 canons et 5 caissons.

La cavalerie de Von Haack est alors placée de façon suivante ; le régiment de Prusse Orientale à droite, la 8ème de cavalerie de la milice de Silésie au centre et les hussards de Silésie à gauche.

La cavalerie de la Garde les aborde et après plusieurs charges, les repoussent en désordre sur Kapzevitch.

L’infanterie se forme en carré et résiste tant bien que mal.

Grouchy poursuit son mouvement sur Janvilliers.

Les cuirs de Brandebourg et le 8ème de Landwehr tente de résister mais sont culbutés.

Haack reforme ses régiments de cavalerie et avec l’aide de l’infanterie cachée dans Janvilliers empêche la cavalerie d’aller plus en avant.

La retraite
Blücher ordonne le repli. A 14 heures, toutes les unités alliées prennent la direction de Champaubert.

La poursuite est sanglante mais en bon ordre.

Un bataillon russe incapable de suivre se réfugie dans la ferme du Bouc aux Pierres.
Une compagnie de grenadiers à pied de la Garde, aidée par un canon et un obusier, fait prisonnier les survivants de ce carnage.

Arrivée à Champaubert, l’armée de Silésie ne peut passer en ordre de masse.

Les tirailleurs Silésiens se forment en colonne et la baïonnette au canon, se jettent sur la faible cavalerie française qui l’attend. A 50 pas (15 à 20 m) tirent et passent au travers.

Les 2 autres régiments ne pouvant faire de même, font le tour par la droite du village.

Profitant du désordre, la cavalerie de la Garde charge.

Les régiments arrivent à passer, à l’exception du 7 ème RI de réserve. 160 prisonniers, 4 officiers et 16 hommes arrivent à se sauver, le reste en carré : 459 hommes vont se faire sabrer par la cavalerie et les lanciers polonais.

Grouchy attend l’ennemi au défilé d’Etoges. Le piège n’est pas parfait, l’artillerie du général Coin, embourbée n’arrive pas.
La cavalerie de Von Haack une nouvelle fois réorganisée, tente de forcer le passage mais elle est culbutée.

Grouchy tente de passer entre la 10ème et la 11ème brigade prussienne.

Blücher est sur le point de se faire prendre.

Le prince Auguste de Prusse a la tête du 2ème régiment de Prusse Orientale attaque les Français et les repousse.

Napoléon fait alors intervenir la cavalerie de la Garde.

Les carrés prussiens cèdent un à un. L’infanterie reflue en désordre sur Etoges. Les cuirs et les carabiniers sabrent à tout va.

Craignant l’obscurité, Ney fait sonner le rappel, de peur que la cavalerie ne s’empêtre dans les bois.

Le repli de la cavalerie française permet un répit à Blücher, qui réorganise son armée derrière Etoges.

L’attaque d’Etoges
Les Prussiens doivent poursuivre leur retraite jusqu’à Bergères les Vertus.

Urussov, la 8ème division et le corps russe de Kapzevitch sont chargés d’organiser l’arrière garde à Etoges.

Udom, les rescapés d’Olsouwief et 15 canons occupent l’entrée du parc du château d’Etoges.

Marmont malgré la poursuite depuis 8 heures et la nuit tombée, décide de poursuivre l’offensive. Il demande à la cavalerie de Doumerc de se diriger sur Etoges en passant par des chemins détournés.

Les soldats d’Udom remplis de fatigue, se font surprendre en bordure de village.

Etoges est repris.
Les régiments de marine de Lagrange font des malheurs. Urussov est fait prisonnier, 800 hommes et 8 canons aussi.

A Sarrechamps, le 3ème bataillon de réserve est toujours bloqué. Le major Weinskowki avait organisé son unité au mieux, les tirailleurs tout autour de la ferme.

L’arrivée du 1er régiment de lanciers polonais et de quelques pièces d’artillerie oblige les tirailleurs à se barricader dans le corps de ferme.

La porte de la ferme est défoncée par les sapeurs de la vieille Garde, suivi de quelques lanciers. Après un combat féroce, 150 prussiens sur l’ensemble du bataillon se rendent.

Les combats cessent enfin.

Blücher arrive à Bergères vers 22 heures.

Bilan
Les troupes de Marmont ont été actives pendant plus de 12 heures.
Elles ont effectuées plus de 30kms de marche dans la boue.
Les troupes venant de Château-Thierry ont, elles fat une marche de 45 kms.

Les pertes de Blücher : 10 drapeaux, 16 canons, 2 000 prisonniers et près de 8 000 hommes dans les différents corps prussiens et russes.

Les pertes françaises sont de 500 hommes

En l’espace de 5 jours, Napoléon a battu les 5 corps d’armée de Silésie, infligeant 30 000 pertes à Blücher qui avait commis l’erreur d’étirer trop sa colonne.

Le soir de la bataille de Vauchamps, Napoléon recevait des nouvelles de la défense de la Seine.
L’armée de Schwarzenberg avait réussie à établir de nombreuses « têtes de pont », alors que l’Empereur pensait que Victor et Oudinot pouvaient l’arrêter.

Il fallait donc retourner rapidement sur la Seine.
Napoléon revient sur la Seine par Meaux, Guignes, Mormant où il bat quelques corps isolés, s’empare du pont de Montereau par un brillant combat le 18 février.

Mais sans réussir cependant à couper de leur retraite 15 000 Wurtembergeois qui reviennent de Fontainebleau par la rive gauche.

Il a au moins rejeté en désordre le gros des forces autrichiennes sur Troyes et Chaumont.

Blücher, bien qu’ayant perdu énormément de troupes au cours de ces 5 jours, est en mesure le 16 février de regrouper ses forces à Châlons. Il fuit par la vallée de l’Aisne.

L’Empereur le poursuit et va l’écraser sous les murs de Soissons, mais au moment de l’atteindre, il apprend que la ville de Soissons avait capitulé quelques heures plus tôt.

Blücher était sauvé ; c’est la péripétie la plus dramatique de la campagne de France (4 mars)

L’armée du Nord entre enfin en scène.
C’est devant son avant-garde dirigée par Bülow et Wintzingerode que la ville de Soissons va capituler.

Dès lors, Napoléon ne peut que retarder le dénouement.

En vain, il passe le 7 mars, à Berry-du-Bac, l’Aisne, pour déloger Blücher de Craonne.

Il ne peut forcer, par 2 jours de combats sanglants ; les 9 et 10 mars, la position de Laon défendue par 100 000 Prussiens et Russes.

Il s’en console par un brillant coup de main à Reims sur les Russes.

Contre tous les Alliés : Les 3 armées sont maintenant en contact, de la Seine à l’Oise. On se bat inutilement le 20 mars autour d’Arcis-sur-Aube à 20 000 contre 90 000.

Les coalisés forment un rempart qui s’avance en se resserrant  dans la direction de Paris.
Napoléon établi à Saint-Dizier, espère couper l’ennemi de ses communications avec l’Allemagne et appelle à lui ses corps dispersés et au soulèvement des populations de la Champagne et de la Lorraine.

Marmont et Mortier sont arrêtés à Fère-Champenoise le 25 mars, ils se replient sur Paris où rien n’a été organisé pour la résistance et livrent, au nord de la ville, une bataille héroïque de 30 000 français contre 170 000 alliés le 30 mars.

Le 31 mars, les souverains alliés entrent dans Paris.

Augereau avait capitulé à Lyon le 19 mars, dès le 12, Bordeaux avait reçu les Anglais et proclamé les Bourbons.

Soult, replié sur Toulouse, allait livrer le 10 avril, une bataille sanglante et indécise, la dernière de la campagne.

L’Armée de Silésie en 1814

Le Feld-maréchal Blücher : commandant en chef
Le lieutenant-général Gneisenau : chef d’état-major général
Le général-major Muffling : quartier-maitre général

Elle comprend :

  • Le 1er corps prussien du général York : 33 bataillons, 44 escadrons et 104 canons
  • Le 2ème corps prussien du lieutenant-général Kleist : 36 bataillons, 44 escadrons et 112 canons
  • Le corps d’armée russe du général d’infanterie du comte Langeron : 44 bataillons, 42 escadrons et 136 canons

Avec le 8ème corps d’infanterie du comte de Saint-Priest
Le 9ème corps d’infanterie du comte Olsuviev
Le 10ème corps d’infanterie de Kapzevitch
Le corps de cavalerie du lieutenant-général Korf

  • Le corps d’armée russe du lieutenant-général, baron de Sacken

Avec le 6ème corps d’infanterie du prince Scherbatow
Le 11ème corps d’infanterie du comte Lieven
Le corps de cavalerie de Wassiltschikow

L’Armée de Bohème en 1814

Le Feld-maréchal prince de Schwarzenberg, commandant en chef
Le Feld-maréchal-lieutenant, comte de Radetzki, chef d’état-major général
Le général-major, baron Langenau, quartier-maitregénéral
Le Feld-maréchal-lieutenant, baron Reisnier, commandant en chef l’artillerie

Elle comprend :

  • Des divisions légères autrichiennes : 10 bataillons, 48 escadrons, 40 canons

Avec la 1ère division du comte Bubna
La 2ème division du Prince Maurice de Lichtenstein

  • 1er corps d’armée autrichien du Feld-Zeugmeister comte Jérôme Colloredo :

27 bataillons, 12 escadrons, 64 canons

  • 2ème corps d’armée autrichien du Feld-maréchal-lieutenant Prince Louis de Lichtenstein : 21 bataillons, 12 escadrons, 64 canons
  • 3ème corps d’armée autrichien du Feld-Zeugmeister Comte Giulay : 25 bataillons, 13 escadrons, 56 canons
  • 4ème corps d’armée wurtembergeois de S.A le Prince royal de Wurtemberg :
  • bataillons, 16 escadrons, 48 canons
  • 5ème corps d’armée austro-bavarois du Comte de Wrède :

11 bataillons, 26 escadrons, 48 canons autrichiens et 30 bataillons, 30 escadrons et 76 canons bavarois

  • 6ème corps d’armée russe du Comte Wittgenstein :

Avec une avant-garde de cavalerie de 30 escadrons et 8 canons
Un corps de bataille de 24 bataillons, 6 escadrons et 64 canons

  • Des troupes en réserve sous le commandement du Grand-duc Constantin
  • L’infanterie autrichienne du Prince héréditaire de Hesse-Hombourg de 26 bataillons et 76 canons.
  • Le corps de grenadiers russes du général Raïewski de 12 bataillons et 48 canons.
  • Les gardes russes et prussiennes du général Jermolow de 28 bataillons et 44 canons
  • La cavalerie des gardes russes et prussiennes du Prince Gallitzin V de 80 escadrons et 58 canons.
  • Le corps des cosaques de Platov

La colonne de Champaubert

Elle est financée par une souscription lancée dès 1839.

Grâce au conseiller général, Mr le baron Joseph Fréderic Chaubry de Troncenord, elle est édifiée entre 1865-1867.

Elle est réalisée en calcaire d’Eurville, d’après les plans des architectes Louis Visconti (qui a réalisé le tombeau de l’Empereur aux Invalides) et Claude-Modeste de Bigault du Granrut.

Elle est couronnée d’un aigle impérial le 9 janvier 1867, commandé aux fonderies d’art Barbezat du Val-d’Osne, d’après un modèle du sculpteur Henri Alfred Jacquemart.

Napoléon III offre les 8 canons de marine en juin 1867.

Elle est la propriété du Département de la Marne.

 

La colonne commémorative de Vauchamps

C’est une colonne en granit « rose de la clarté », contenant des lettres en bronze indiquant la date de la bataille de Vauchamps : 14 février 1814.
Elle est couronnée d’un aigle impérial.
Elle fut inaugurée le 10 février 1980.
C’est l’association du Souvenir Napoléonien qui l’a fait réaliser mais elle est désormais la propriété de la commune avec charge d’entretien.